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Adekan de Nao Tsukiji

23 Juin
 

Adekan de Nao Tsukiji [尚月地]
192 pages
Published March 2012 by Ototo Manga Genre : Seinen
5 tomes en cours
Shirô, un fabricant de parapluies et ancien maître d’armes de l’ombre, rencontre Kôjirô, un lieutenant de police au sang chaud et amoureux de justice. Ils se retrouvent tous les deux confrontés à une série d’enquêtes étranges et rocambolesques dans les bas quartiers de leur ville…

Adekan est clairement ma belle découverte de cette année !

Premier tome sorti en français en mars dernier, il a tout pour plaire que ce soit filles ou garçons ! Même si Adekan est pré-publié dans le Wings, destinée à un public féminin (dans les plus connus, on y a retrouvé Rg Veda et Tokyo Babylon de Clamp), on retrouve beaucoup de dictat propre au shônen comme montrer les culottes des jeunes filles, les gros seins et les combats.[d’où, sans doute, le choix de l’éditeur français de le mettre dans la collection seinen]

Il compte pour le moment 5 tomes au pays du soleil levant et la série est toujours en cours, avec un joli succès pour cette auteure dont c’est la première publication…

Adekan nous emmène dans une époque du Japon où le traditionalisme japonais se voit mélangé avec la culture européenne.  Cela donne des costumes variés et des demeures qui reprennent des styles des deux camps entre autre.

Des personnages loufoques voir délurés ; avec Kojirô, un policier maniaque, aimant son travail, Shirô, un jeune éphèbe, ancien tueur, tenant une échoppe de parapluie, Aguri, une petite sœur qui s’amuse des situations cocasses des deux premiers abrutis et une flopée de personnages plus ou moins récurrents qui les entourent, que ce soit amis ou ennemis.

Le manga a des dessins étoffés et travaillés mais pourtant très fin et délicat. Un régal pour les yeux !

Ce premier tome est découpé en plusieurs histoires. Aucunement liées entre elles. Excepté la dernière qui annonce la trame principale des tomes à venir.

Histoire policière, enquêtes au thème parfois sombre (l’être humain évidemment) avec une part de surnaturel.

Les scènes de combat sont assez incroyables ! Je lis pas mal de mangas de bastons où les scènes sont tellement surréalistes et brouillonnes qu’on ne différencie rien du tout. Ici, c’est juste beau.

Des personnages travaillés, de l’humour décalé, de magnifiques dessins, il est mon coup de cœur de cette année !

Lecture d’un petit bout du manga

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Disparitions de Natsuo Kirino

25 Jan

A dix-huit ans, Kasumi est montée dans un bus et a fui la maison familiale pour tenter sa chance à Tokyo.
Après quinze ans d’absence, elle revient pour quelques jours à Hokkaido. Mais plus elle se rapproche de cette région inhospitalière de montagnes rudes et de mer grise, plus elle éprouve une inquiétude diffuse. Peut-être est-ce parce qu’il y a, toute proche, cette ville natale qu’elle a oubliée. Est-ce l’incongruité de la situation dans laquelle elle se trouve, dans cette voiture, entre son mari, ses enfants et son amant ? Ou ressent-elle confusément résonner entre ces montagnes écrasantes tous les signes de la tragédie à venir : la disparition inexplicable de sa petite fille…
Commence alors pour Kasumi une lente dérive, une enquête désespérée au cours de laquelle elle recevra l’aide inattendue d’Utsumi, un ancien inspecteur de police.

J’aime toujours autant les écrits de cette auteure. Je pense même que « Disparitions » renoue dans le même genre que « Out » au niveau de la narration.

Bien sûr, on retrouve le style de Natsuo Kirino. Elle mêle présent, passé et rêve. Elle intrigue à nous en faire perdre la tête. 

Ici, nous suivons Kasumi, mariée, mère de deux petites filles et son amant qui les invite dans sa maison de campagne à Hokkaido pour qu’ils puissent plus facilement passer du bon temps ensemble, tout en se cachant de leur conjoint respectif.

Malheureusement, un matin, Yuka, la fille de Kasumi disparaît et c’est une descente en enfer pour chacun des protagonistes du livre qui va avoir sa vie bouleversé par cette disparition.

C’est au bout de 4 ans que Kasumi rencontre un policier, proche de la mort, Utsumi qui décide de l’aider dans son investigation.

Kirino nous fait balader d’une idée à l’autre, en histoire de fond, ce mystère de l’enfant disparu. Mais autours de ça, le livre s’intéresse aux relations des protagonistes, celle de Kasumi et d’Utsumi entre autres. Relation étrange, évoluant vers un semblant d’amour mais surtout qui donne à Kasumi l’opportunité de voir plus loin son passé et ses questions incessantes. De se regarder en face.

Je pense qu’avec Out, Disparitions fait partie des meilleurs romans de l’auteure ! C’est bouleversant, un bon thriller, jusqu’à la fin, on ne se doute de rien, très bien écrit, Natsuo Kirino pousse la psychologie de chacun pour s’entremêler au fil de l’histoire.

Absinthes & Démons d’Ambre Dubois

26 Nov

La dernière œuvre édité par les Editions du Riez, « Absinthes & Démons » d’Ambre Dubois que l’on connait grâce à sa saga vampirique auprès de l’édition du Petit Caveau.

Ce roman se rapproche plus d’un recueil de nouvelles mais avec le même personnage Lord Nermeryl et sa Corneille. Ce concept n’est pas sans rappeler celle d’Estelle Vall de Gomis dont j’avais chroniqué son roman-feuilleton, il y a quelque mois.

D’ailleurs, on apprécie le clin d’œil fait à l’œuvre d’Estelle Valls de Gomis, puisqu’on mentionne ces deux gentlemen de l’étrange, Gladstone et Bloodpint.

A part ça, notre Lord est un être énigmatique, plein de mystère et d’une aura attractive. Il rappelle un certain Lord Cain, maître des poisons de Kaori Yuki. D’ailleurs la première histoire reprend le proverbe japonais « Sous les cerisiers sont enterrés des cadavres » (Kajii Motojirou).

Nous déambulons dans une Angleterre du 19ième siècle où ce jeune lord enquête sur demande (souvent de la part de villageois) pour des sujets tels que la possession, le vampirisme, d’anciens dieux, etc. Il est accompagné d’un étrange volatile, une corneille qui l’aide dans ses investigations. Tout un mystère les entoure…

Un peu rébarbatif le moyen dont commencent les nouvelles puisque souvent, cela vient d’un courrier et l’annonce d’une disparition (ou d’un fait étrange). Mais le plus gros point noir est que j’ai trouvé le roman un peu court (moins de 200 pages), j’aurais aimé le voir plus étoffé.

Chaque nouvelle pourrait être lue séparément à part le dernier où on apprend (ENFIN) qui est vraiment Lord Jorian Nermeryl. Du coup, on dirait qu’il n’y a aucune vie entre chaque enquête (un peu comme si rien ne s’était passé). Ca ne rendait que la lecture difficile comme si on n’avait aucun indice, aucun chapitre spécial pour raconter son histoire, je mourrais donc d’impatience pour le terminer… le dernier chapitre ne pouvait être donc que sur son histoire à lui…

La plume est légère et agréable et nous donne un roman sympa. Une ambiance voulue surnaturelle et mystérieuse avec un personnage comme on en voudrait dans chaque roman.

-On dit également bravo à Anne-Claire Payet pour cette sublime couverture-

Bien que je donne l’impression de ne voir que les points noirs du roman, je l’ai trouvé très intéressant et j’aime beaucoup les thèmes qui y sont abordés. C’est l’impatiente de savoir l’histoire du personnage principal, ce suspens intenable, qui aura eu raison de moi. Ce n’est pas une raison de ne pas s’attabler à le commander [ici].

Monstrueux de Natsuo Kirino

19 Août

Ma sœur Yuriko était un monstre. Une beauté époustouflante, anormale. Elle nous méprisait, ma mère et moi. Seuls les hommes l’intéressaient. Quand elle avait quinze ans, le lycée de Tokyo tout entier lui est passé dessus. Elle pensait réussir grâce à son corps. Son cadavre a été retrouvé dans un meublé crasseux. Aujourd’hui, on me demande de témoigner…

J’avais été transporté par « Out », l’œuvre la plus connue de l’auteure. Alors, il ne faut qu’un pas pour découvrir d’autres oeuvres de l’auteure!

On apprend rapidement la mort de deux prostitués, Yuriko et Kazue assassinées à un mois d’intervalle dans des situations semblables.

La sœur de Yuriko est une métisse (japonaise-suisse). Elle voit comme un enfer la beauté « monstrueuse » de sa sœur, Yuriko. Se comparant toujours à elle, elle devient au fil de sa vie une femme dégoutée d’elle-même, des gens qui l’entourent et méchantes même envers ses proches.

Mais au fur et à mesure de son récit, on en aperçoit le pourquoi ; sa vie au côté de sa sœur, ses années d’étude où elle se bat avec acharnement et où elle rencontre Kazue. C’est un peu un aspect des mœurs japonaises surtout au niveau de la difficulté d’entrée dans une école dite d’élite, des persécutions à l’intérieur, de la place de la femme dans la société, etc.
Mais ce n’est pas vraiment le sujet de l’histoire.

A 40 ans, la narratrice est plus aigrie que jamais. Même morte, on lui parle de sa sœur et de cette Kazue qui était dans le même lycée. Mais petit à petit, le livre s’ouvre sur les voix des autres personnages, les journaux intimes de Yuriko et de Kazue, la déclaration de meurtre de Zhang, etc. On découvre la dure vie de prostitués, les déboires, les violences, le travail illégal, les secrets de chacun. Chaque histoire de ces personnages amène au dénouement… mais surtout droit vers l’enfer de la vie.

Natsuo Kirino reprend sa plume pour écrire un roman noir mais avec des personnages tellement vrai et réaliste que l’on sent que cela pourrait nous arriver. L’écriture est fluide, nous montre les diverses visions qu’ont les protagonistes. Troublant et violant.

Vegas Mytho de Christophe Lambert

2 Nov

1957, Dans le Greenwich Village branché de la  » beat generation « , Thomas Hanlon, écrivain et poète alcoolique, rencontre la belle Sofia Stamatis, héritière d’une riche famille de la diaspora grecque. La jeune femme l’entraîne à Las Vegas pour l’inauguration de l’Olympic Winner, casino dirigé par son père, chef incontesté du clan Stamatis, personnage fascinant qui intrigue autant la Mafia que le FBI. Thomas comprend très vite que les Stamatis sont en guerre avec le casino concurrent tenu par une ancienne famille égyptienne. Une guerre qui se poursuit depuis des millénaires…

Christophe Lambert, à ne pas confondre avec l’acteur du même nom, nous propose Vegas Mytho… Un roman qui mélange, dans les années 50, les mythes grecques (un peu d’Egyptien), le polar, le fantasy, tout cela dans la ville ultra-illuminée de Las Vegas.

Thomas Hanlon se retrouve embarqué dans cette histoire d’anciens dieux, pas si disparu que ça. Ils ont appris à vivre avec les humains et gardent encore quelque rancune envers certains autres dieux, ici, représentés par les dieux égyptiens qui ont un casino juste en face de celui des Grecs.
Grâce à Tom, il y une vision extérieure à leur confrontation qui nous permet de parcourir des moments de leur vie et des déboires de chacun.

On ressent fortement la culture cinématographique de l’auteur, que se soit des exemples dans la narration, que le déroulement d’un mouvement façon film d’action. Vous retrouverez plein de clin d’oeil sur le sujet.

Mais j’ai parlé de polar car évidemment, en plus, de cette rivalité, il y a cette affaire qui met les flics à les questionner, à les surveiller. Une série de meurtre suite à une nouvelle drogue… qui au final, n’est rien comparé à l’engrenage qu’il y a derrière tout ça.

C. Lambert nous propose une pléiade d’acteurs secondaires qui restent tous aussi intéressant les uns que les autres. L’auteur a pris le temps de leur donné une histoire, une personnalité, ce qui nous rend bien triste quand l’un ou l’autre se voit disparaître.
Avouons que de ce côté-là, il y a une myriade de morts dans ce roman. Ce qui vers la fin, donne une idée de trop rapide comme si on voulait arriver à la conclusion avec le minimum de pages possibles.

Je dirais juste également que la couverture est superbe, signé JS Rossback (celui qui fait également les couvertures de Succubus !!) et représentative du roman.

Un roman plaisant, plein d’action qui nous mixe antiquité et temps moderne.

Je remercie Radicale, qui part sa chronique, m’a donné envie de lire ce livre.

De fièvre et de sang de Sire Cedric

26 Oct

Les romans de Sire Cédric m’ont toujours fait de l’œil. Mais je n’avais pas la possibilité de trouver les romans des éditions Nuit d’Avril. Heureusement pour moi (et pour l’auteur, sans aucun doute), de nos jours, ses romans sortent (dont des rééditions) aux éditions Le Prés aux Clercs. Commençons…

La première partie, intitulée « victimes » était surprenante, je pensais à chaque fin de chapitre que l’auteur allait s’arrêter là, pour que le lecteur puisse se faire sa propre idée de ce que (justement) la victime allait subir de ses ravisseurs. De plus, on est tellement à ses côtés qu’on ne peut que la soutenir mentalement dans sa tentative de fuir ses kidnappeurs, au fil des premiers chapitres.
Chapitres qui sont assez court, du coup, on ne s’arrête pas et l’action se poursuit sans détours.

On retrouve deux enquêteurs à la poursuite de ses sanglants meurtres, Alexandre Vauvert et Eva Svärta. Cette dernière a le don d’arriver à se mettre à la place des victimes, ce qui en fait une profileuse hors-paire.

La seconde partie a lieu plus d’un an après cette enquête macabre quand de sordides meurtres se perpétuent. Le fait étrange, c’est qu’ils sont exactement pareils à ceux passé il y a 13 mois. C’est l’occasion pour nos deux enquêteurs de se remettre dans cette quête et de découvrir l’effroyable vérité.

Nous voilà avec un thriller avec un côté fantastique.
C’est fluide, agréable à la lecture. On retrouve des faits historiques comme cette chère comtesse sanglante.

J’ai eu le ‘malheur’ de lire ce livre un samedi… l’histoire prenant lieu un weekend. Du coup, je commençais à être un peu parano et à zieuter ma porte, prête à me jeter sur mon téléphone en cas de problème. C’est que ce roman me donnait des frissons d’horreur et d’épouvante. Ca prend aux tripes et ça fait longtemps que je n’avais pas eu ce genre de sentiments pour un roman (c’est que je ne suis pas une adepte de Stephen King comme Archessia).

Comme dit précédemment, on ne s’arrête pas facilement dans cette lecture où les évènements s’enchaînent. On partage les sentiments des personnes que se soit la peur, l’empressement ou la colère.

Une très bonne découverte. J’ai vraiment hâte de pouvoir lire à nouveau les romans de Sire Cédric.

Le rituel de l’ombre d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne

25 Août

 

█ Premier tome des enquêtes du « Commissaire Antoine Marcas ». C’est une série policière avec en trame de fond les francs-maçons. Je pense qu’on peut les lire individuellement.

D’ailleurs l’un des deux auteurs fait  partie de la franc-maçonnerie. Tout ça pour nous donner des faits réels à cette œuvre fictive.█

4ième de couverture

Rome, mai 2005. Une archiviste du Grand Orient est assassinée lors d’une soirée à l’ambassade de France, suivant un rituel qui évoque la mort d’Hiram, fondateur légendaire de la franc-maçonnerie.
A Jérusalem, un archéologue en possession d’une énigmatique pierre gravée subit un sort similaire.

Le commissaire Antoine Marcas, maître maçon, et son équipière, Jade Zewinski, qui abhorre les  » frères « , se trouvent confrontés aux tueurs implacables d’une confrérie nazie occulte, la société Thulé, adversaire ancestrale de la maçonnerie.
Soixante ans après la chute du III` Reich, les archives des francs-maçons, dérobées par les Allemands en 1940, continuent à faire couler le sang.
Mais quel secret immémorial se dissimule entre leurs pages jaunies ? Un secret pour lequel on tue sans scrupules…

█ J’ai trouvé le roman très fourni en explication sur les sujets abordés que se soit de la franc-maçonnerie ou la IIème guerre mondiale. De plus à la fin, on a droit à une annexe où les auteurs nous révèlent ce qui est inventé complètement et ce qui est tiré d’évènements réels.

Qu’on soit profane en la matière n’est absolument pas dérangeant. Le commissaire Marcas est maçon mais le voilà à travailler avec Jade, qui ni connait rien, pire, elle les déteste. Ce qui permet d’avoir du pour et du contre sur le sujet, tout en y apprenant beaucoup en s’amusant.

Ce roman est un mélange de rebondissement, de faits documentés, de nuances et d’intrigues. En tout cas, j’ai beaucoup aimé.
J’avoue avoir déjà la suite…